Journal de fohatgroup. Les prestations citées dans cet article sont les nôtres.
Méthode
Moodboard : la méthode en cinq pages
Un moodboard qui aligne une équipe tient en cinq pages et se lit sans explication. La méthode que nous suivons, et les trois erreurs qui rendent la plupart des planches inutiles.
Le moodboard a une mauvaise réputation dans les équipes de tournage, et elle est méritée : la plupart sont des collages de vingt belles images qui plaisent à celui qui les a réunies et ne disent rien aux autres. Le photographe y voit une lumière, le client y voit une couleur, le maquilleur n'y voit rien. Un moodboard utile est un outil de décision. Voici comment nous le construisons, en cinq pages.
Page 1 : la phrase, et une seule image
La première page porte la phrase de la séance et une image qui la résume, choisie parmi toutes celles que nous avons rassemblées. Une seule. Si deux images se disputent la place, la phrase n'est pas assez précise, et on la reprend. Cette page est celle que tout le monde retient.
Page 2 : la lumière
Trois ou quatre images qui ne montrent que la lumière : sa direction, sa dureté, sa couleur, l'heure. Chaque image est légendée avec ce qu'on en retient (« source haute à gauche, ombres douces, 5 600 K ») et ce qu'on laisse (« pas ce décor »). Le photographe travaille avec cette page ; les autres peuvent l'ignorer.
Page 3 : la palette et les matières
Les couleurs en aplats avec leurs codes, puis des échantillons de matières : un velours, un lin, un bois, une pierre. Quand nous avons les échantillons physiques, ils sont photographiés sous la lumière prévue, parce qu'un velours rouille au tungstène et le même velours au jour sont deux couleurs.
Page 4 : les corps et les gestes
Postures, distances, direction des regards, place des mains. Des images de référence, parfois des croquis, jamais de longues phrases. Cette page rassure les personnes photographiées et guide le photographe pour les poses. Pour un produit, elle devient la page des angles et des hauteurs de caméra.
Page 5 : ce qu'on ne fait pas
La page la plus utile et la plus rare. Quatre à six images de ce qu'on évite, avec la raison : « trop de vide », « lumière de studio de catalogue », « trop d'objets ». Dire ce qu'on ne veut pas cadre mieux qu'une liste d'envies, et cette page évite les discussions de dernière minute sur le plateau.
Les trois erreurs qui rendent un moodboard inutile
- Trop d'images. Au-delà de quinze, personne ne sait laquelle compte. Nous en gardons douze au plus, cinq pages, et nous coupons ce qui n'aide pas une décision.
- Pas de légende. Une image sans légende dit une chose différente à chaque lecteur. Chaque image du brief porte une ligne : ce qu'on retient, ce qu'on laisse.
- Des images trop belles. Un moodboard fait de campagnes à gros budget promet une séance que le budget ne permet pas. Nous choisissons des références atteignables avec le lieu, la lumière et le temps disponibles.
D'où viennent les images
De banques d'images, de campagnes existantes, de films, de nos propres repérages. Elles servent à s'entendre et restent la propriété de leurs auteurs : le brief le rappelle, et rien du moodboard ne se publie. Ce que le client publie, ce sont les images de sa séance.
Le moodboard en cinq pages fait partie de nos trois formules. Dans la formule Basic, il constitue avec la palette et les références de lieux l'essentiel du livrable : la direction visuelle qu'un photographe peut suivre sans autre explication. Les formules Style et Complet y ajoutent le lieu arrêté, les looks et le plan de la séance.
Article publié par fohatgroup, qui propose les formules citées.


